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SAX 200

Publié le 7 Avril 2014 par Roland Forrer

Qui de nos jours connaît encore l’antoniophone ou le sudrophone, le rothphone ou l’heckelphone ? Au XIXème siècle, les nouveaux instruments de musique sont légion : plus de 4 000 dans la seule France…
Né il y a 200 ans à Dinant, mort à Paris en 1894, Adolphe Sax n’est donc pas le premier à donner son nom à un nouvel instrument, mais la popularité de son invention principale, le saxophone, l’a définitivement inscrit dans les histoires de la musique.
Inventeur de génie constamment en butte à des concurrents jaloux, des contrefacteurs sans scrupules, des gredins de toutes espèces qui n’hésitent pas à incendier ses ateliers et même à attenter à ses jours, Sax a réussi à parfaire quantité d’instruments à vent, à commencer par la clarinette. Soucieux d’homogénéité sonore, il crée de nouvelles familles, tels les saxhorns et saxotrombas issus des bugles et tubas, leur offrant unité de forme et de doigté. La famille des saxophones – son héritage le plus connu - se déclinera en sopranino, soprano, alto, tenor, baryton et basse. L’acoustique est pour Sax une science exacte. Il ne déposera pas moins d’une quarantaine de brevets d’inventions ou de perfectionnements, et pas seulement dans le domaine musical. Parti de rien, mais travailleur acharné et ambitieux, le Dinantais réussira à introduire ses nouveaux instruments non seulement dans les musiques militaires, mais aussi dans les harmonies et les fanfares civiles et même à l’opéra. À la fin de sa carrière, entre 1885 et 1890, la production de sa manufacture atteindra les 45 000 instruments.
À l’occasion du bicentenaire de sa naissance, le Musée des Instruments de Musique (MIM) à Bruxelles retrace les grands épisodes de la vie d’Adolphe Sax et présente tout l’éventail de sa créativité : 200 instruments, 200 documents, dont 50 pièces jamais exposées. La plupart des instruments sont présentés dans la position requise pour être joués. Cette expo brillante au propre comme au figuré (les cuivres étincèlent sous les spots) s’articule sur 4 thèmes : Sax inventeur, Sax entrepreneur, Sax intime, Sax après Sax.
Un souvenir marquant de notre visite ? La grande vitrine évoquant le duel Carafa – Sax, duel public opposant à Paris deux orchestres : le premier jouant sur les instruments traditionnels des musiques militaires et le second équipé des nouveaux instruments promus par Sax. Le 22 avril 1845 à midi, en présence d’un imposant jury, d’officiers supérieurs, d’artistes réputés et de 20 000 spectateurs réunis au Champ de Mars (emplacement actuel de la tour Eiffel), la bataille musicale commence. Michele Carafa, directeur du Gymnase musical et défenseur de l’ancien système, a toutes les chances de l’emporter : sa troupe compte 45 exécutants chevronnés (il en avait prévu près de 50 !) contre les 38 péniblement recrutés par Sax, car ses adversaires sont parvenus à lui en débaucher sept. Le Dinantais doit même remplacer en personne et au pied levé un clarinettiste et deux saxophonistes qui se sont éclipsés et jouer alternativement de leurs instruments privés d’interprètes.
D’abord sceptique, voire hostile à « l’étranger », l’assistance succombe cependant peu à peu à la justesse et surtout à la puissance du volume sonore des instruments du petit Belge. La joute se termine pour Sax sous un tonnerre d’applaudissements ; Berlioz ne tarit pas d’éloges et oppose « la plénitude de tous les sons » de l’orchestre de Sax à « la maigreur » des parties des autres formations. La démonstration ainsi faite que, grâce aux instruments de Sax, on peut faire de la bonne musique avec moins d’exécutants, l’état-major confie à ce dernier la réorganisation des musiques militaires. L’armée fera de substantielles économies budgétaires – les temps ont-ils changé ? - tandis que pour Sax s’ouvrent d’heureuses perspectives d’avenir.

SAX 200
Jusqu’au 11 janvier 2015 au
MIM, 2, Montagne de la Cour, 1000 Bruxelles
Tel : + 32 (0) 2 545 01 30
Entrée (audio-guide inclus) : 2, 9 et 12
euros.

Gratuit le 1er mercredi du mois à partir de 13h.
catalogue illustré en FR, NL, E (éd. du Perron)
www.mi
m.be

À noter que Dinant, sa ville natale, propose également une «année Sax» émaillée de concerts, expositions et autres animations (http://sax.dinant.be).

SAX 200
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