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« Le Tartuffe » ou « L’imposteur » de Molière

Publié le 29 Mars 2014 par Michèle Lenoble-Pinson

« Et je vais être enfin, par votre seul arrêt, / Heureux, si vous voulez, malheureux, s’il vous plaît » (vers 959-960). En mars, au moment de la fête de la langue dans la francophonie, le Théâtre royal du Parc nous convie à une rencontre exceptionnelle avec Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière.

Attendu, Tartuffe (Angelo Bison) fait une entrée remarquée. L’hypocrisie, l’escroquerie, le mariage forcé, dénoncés en 1664, il y a 350 ans, restent des thèmes actuels. Le vrai et le faux, le réel et l’apparence, la manipulation font sourire, rire et réfléchir.

« Les langues ont toujours du venin à répandre, / Et rien n’est ici-bas qu’on s’en puisse défendre » (vers 1673-1674). Pour le grand plaisir des spectateurs, jeunes et moins jeunes, les comédiens rendent la langue classique vivante et commune. « Je vous l’ai dit cent fois quand vous étiez petit : / La vertu, dans le monde, est toujours poursuivie ; / Les envieux mourront, mais non jamais l’envie » (vers 1664-1666). Voltaire écrivit : « Aujourd’hui [1739], bien des gens regardent comme une leçon de morale cette même pièce qu’on trouvait autrefois si scandaleuse. On peut hardiment avancer que les discours de Cléante, dans lesquels la vertu vraie et éclairée est opposée à la dévotion imbécile d’Orgon, sont, à quelques expressions près, le plus fort et le plus élégant sermon que nous ayons en notre langue. »

« Soit. Mais, ne disant mot, je n’en pense pas moins » (vers 555). Dorine (Catherine Grosjean), son franc-parler, sa bonhomie, ne manquent pas de plaire.

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir. » Juste ce qu’il faut de dentelle pour évoquer le XVIIe siècle. Des tons recherchés, des robes épurées, classiques et modernes à la fois. De la grâce et de l’élégance. Les coiffures et les costumes créés par Bouzouk : un régal pour les yeux.

Un subtil jeu de portes sert l’action. Elmire (Laurence d’Amelio) et une immense pièce de tissu rouge enchantent la scène au cours de laquelle Orgon (Alexandre von Sivers) est caché sous la table. Les trois têtes d’Orgon ébranlé par Tartuffe, d’Elmire ébranlée par la scène et de Tartuffe surpris se superposent superbement. Musique mondaine et dance gracieuse de la scène finale apparaissent comme un clin d’œil à Louis XIV.

Monique Lenoble signe une mise en scène pensée et soignée jusque dans les détails, les sons et les couleurs. Elle ne présente ni une relecture ni une adaptation du « Tartuffe », mais la version respectueuse de la langue de Molière qu’accompagne le jeu moderne et nuancé des acteurs (non encore cités : Nicole Colchat, Bernard Sens, François Maquet, Nathan Fourquet-Dubart, Sarah Messens, Adrien Drumel).

Ne vous privez pas du plaisir de voir du théâtre classique, intemporel, ni d’entendre la langue du Grand Siècle. Allez au Théâtre royal du Parc. Jusqu’au 5 avril 2014. Réservations : 02/505.30.30 ou www.theatreduparc.be.
Michèle Lenoble-Pinson

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